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Le Blog de huileux

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Décidément, les résultats de l’étude " exhaustive et contradictoire " sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants se font attendre.

Cette étude a été l’unique concession faite aux opposants de ces filières au Grenelle de l’Environnement. La phase méthodologique s’est déroulée de novembre 2007 à avril 2008. La phase de calcul des bilans n’a véritablement démarré qu’en janvier 2009.

Le bureau d’études Bio Intelligence Service a remis fin juin son rapport final à l’ADEME qui l’a fait parvenir à la société Ecointésys de Lausanne, laquelle avait jusqu’au 31 août pour effectuer la revue critique de l’étude.

La communication officielle des résultats était programmée pendant la " Semaine de la Mobilité " , du 14 au 20 septembre.

Selon les informations parcimonieusement reçues de l’ADEME, la publication des résultats de l’étude est repoussée à une date ultérieure. Suite à la revue critique, ordre a en effet été donné à Bio IS de revoir sa copie…

A l’issue de la dernière réunion du Comité Technique le 18 juin, les deux représentants des ONG qui y siégeaient avaient averti l’ADEME qu’ils ne cautionneraient pas le rapport de l’étude dans l’état où il leur avait été présenté, compte tenu des multiples anomalies qui s’y trouvaient. Les informations obtenues lors de l’étude permettent en effet d’établir des bilans ( voir pièce jointe) qui diffèrent radicalement de ceux auxquels parvient Bio IS.

Il est donc possible que la société chargée de la revue critique ait tenu compte des observations qui lui ont été transmises par les ONG, hors des canaux officiels.

En tout état de cause, le rapport qui sera publié fera l’objet d’un examen approfondi par les ONG impliquées dans l’étude, qui ne manqueront pas de faire connaître la lecture qu’elles en font.

Patrick Sadones EDEN

           Confédération paysanne.


 Bagnolet, le 29 juillet 2009
COMMUNIQUE DE PRESSE
Bioéthanol : les langues se délient…
Depuis 2005, la Confédération paysanne dénonce l’impasse que constitue le développement des filières industrielles de production d’agrocarburants et le bilan énergétique particulièrement médiocre des filières éthanol. Notre analyse se trouve aujourd’hui confortée suite à la participation d’un de nos adhérents à l’étude post Grenelle ADEME/ Bio IS sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants. Cette analyse, dont une synthèse est jointe en annexe, sera présentée lors d’une conférence de presse organisée en septembre au siège du syndicat.


Malgré nos avertissements, de nombreuses coopératives se sont engagées dans les projets de production d’éthanol de céréales (BENP - Téréos à Lillebonne, ABENGOA à Lacq et CRISTANOL 2 à Bazancourt), encourageant les producteurs à signer des engagements de livraison assortis le plus souvent de souscriptions de parts sociales, ceci avec l’appui des Chambres d’Agriculture et de certains représentants professionnels.


Depuis quelques jours, des salariés dirigeants de certaines de ces coopératives montent au créneau pour dénoncer l’absence de rentabilité, actuelle et à venir, des filières éthanol de céréales, ne permettant pas aux producteurs d’espérer une valorisation intéressante des volumes engagés. Ainsi, Jean Pierre Cochet, directeur général de la coopérative de Champagne-Ardenne Cohésis, lourdement engagée dans le projet CRISTANOL 2 de Bazancourt ( 10% de sa collecte de blé pendant 10 ans) s’interroge sur la pérennité de ce projet face à la perspective de la baisse de la « défiscalisation » de l’éthanol, qui représente une subvention très importante pour cette filière, et de sa mise en concurrence avec l’éthanol de canne à sucre, produit avec une efficacité énergétique beaucoup plus forte.


ORAMA, filiale spécialisée Grandes Cultures de la FNSEA, en est aujourd’hui réduite à demander la mutualisation de l’approvisionnement des usines d’éthanol, ceci pour faire supporter à l’ensemble des producteurs les conséquences de choix politiques inappropriés dont elle a été l’un des principaux artisans.


La Confédération paysanne formule le vœu que cette affaire, dont le dénouement est proche, serve de leçon à chacun, et notamment aux décideurs politiques, parfois trop prompts à donner raison à des groupes de pression, sans prendre le temps d’étudier les avis contraires.

bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants:synthèse de l’étude post - Grenelle.

 

Contacts :
Patrick SADONES, en charge du dossier agro - carburants : 02 35 37 35 08
Régis HOCHART, secrétaire national : 06 08 75 00 73

 


Certification environnementale des Huiles Végétales Pures

Ecrit par: huileux dans Politique

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huileux

Signature de la charte d’engagement sur la Certification environnementale des Huiles Végétales Pures le jeudi 27 novembre 2008

La conférence du 27 novembre est l’aboutissement d’un travail de plusieurs mois entre agriculteurs, leurs représentants, collectivités locales, associations et acteurs des Huiles Végétales Pures (HVP). Début 2008, Rhônalpénergie-Environnement a en effet constitué un groupe de travail ayant pour objectif de rédiger des spécifications environnementales et sociales pour les HVP. La question est ’importance pour démontrer la capacité de produire en Rhône-Alpes des carburants renouvelables eux-mêmes respectueux de l’environnement lors de leur fabrication, leur transformation et leur transport. 

L’ensemble de ce travail, décliné en une dizaine de points précis visant à protéger les sols et la biodiversité, à réduire les consommations d’eau et les intrants chimiques, tout en tenant compte de la réalité de l’ensemble de la filière dans sa capacité à se substituer aux tourteaux importés, sera présenté à cette occasion. Une charte (et sa déclinaison technique) réunissant l’ensemble des rédacteurs sera signée et mise à disposition de tous ceux désireux de garantir des HVP respectueuses de l’environnement. Rhônalpénergie-Environnement, en charge de l’animation et de la diffusion de ce travail, se tient à la disposition de tous ceux

intéressés par la question.

Renseignements

Laurent COGERINO

Rhônalpénergie-Environnement – 10, rue des Archers –

 http://www.raee.org/envoimassif/EVENEMENT PRESSE.pdf


Subventions.

Dans leur croisade pour promouvoir l'usage local de l'huile de friture, les écologistes dénoncent les aberrations du système français. La France interdit de rouler à l'huile usagée, mais autorise sa transformation en biodiesel. Problème : les fabricants français de biocarburants refusent. Ils préfèrent l'huile vierge issue de productions agricoles dédiées. D'où une situation ubuesque. « Aujourd'hui, ici, quand l'huile usagée est collectée, c'est pour être transportée en Allemagne ! » dénonce Catherine Nieuwenhove, chez Roule ma frite à Marseille. Car les pays voisins, eux, acceptent de la raffiner. Les camions de Neobiol, une PME qui collecte en Ile-de-France puis revend l'huile de friture, doivent donc prendre la route du Portugal et de l'Autriche. Neobiol espère de nouveaux clients, en Suisse et en Espagne.

Même au Royaume-Uni, où l'huile de friture est autorisée et exempte de taxe en deçà de 2.500 litres par an, le biodiesel amène son lot d'aberrations. « Deux fabricants britanniques de biodiesel ont fermé récemment à cause de la concurrence des exportations américaines à prix cassés, car elles sont subventionnées par Bush pour soutenir ses agriculteurs, dénonce John Hallé, dirigeant de Goldenfuels. Des compagnies américaines importent même du biodiesel d'Amérique latine pour le réexporter en Europe ! »

L'association écologique Roule ma frite prône le remplacement du gazole par de l'huile alimentaire usagée, qu'elle vend 65 centimes le litre à ses adhérents. Mais l'Etat reste hostile à ce carburant, qu'il juge bien plus polluant que le gazole.

Rouler à l'huile de friture plutôt qu'au gazole ? Avec l'envol du baril, le phénomène a pris de l'ampleur. A l'antenne marseillaise de l'association écologique Roule ma frite, dont la station de filtrage fournit tous les mois 8.000 litres d'huile alimentaire recyclée à ses adhérents, ces derniers sont passés de 250 à 450 depuis janvier et « les adhésions croissent à un rythme exponentiel», indique Catherine Nieuwenhove, la responsable de la structure locale, qui emploie trois permanents. L'huile collectée dans les restaurants locaux puis filtrée est vendue aux adhérents 65 centimes le litre, et même 40 centimes pour ceux qui ont eux-mêmes effectué une collecte. Elle s'utilise mélangée à du gazole, dans une proportion de 30 % à 50 %, voire pure si le véhicule a subi l'adaptation nécessaire, que Roule ma frite effectue pour 800 euros.

A Marseille comme ailleurs, Roule ma frite ne parvient plus à répondre à la demande. Les problèmes sont avant tout logistiques, la récupération de l'huile s'effectuant auprès des restaurants, donc à petite échelle. Mais le syndicat local de la restauration, qui représente 5.000 établissements, a récemment contacté l'association pour étudier une collecte plus systématique. Ailleurs en France, les choses se structurent aussi, voire prennent un tour institutionnel. A La Rochelle, une station de filtrage de 100.000 litres par an vient d'être mise en place (par Roule ma frite, justement) pour le compte de la communauté d'agglomérations. Celle-ci souhaite faire rouler une flotte de véhicules à l'huile de friture dans le cadre d'un projet européen. Il s'agit de la première initiative publique française en la matière. La Rochelle n'attend plus qu'une autorisation officielle pour faire rouler ses véhicules.

Les Rochelais risquent d'attendre longtemps. Car, contrairement à d'autres pays, la France n'a jamais autorisé l'usage de l'huile recyclée. Seule l'huile brute, c'est-à-dire non usagée - refusée par les écologistes car elle ponctionne la filière agricole -, a été autorisée, et encore : pour les machines agricoles et les collectivités. Les particuliers ne sont pas concernés.
Exception française

Pourtant, une directive européenne du 8 mai 2003 autorise l'huile de friture, entre autres énergies vertes. L'accession de la France à la présidence européenne a suscité, chez les écologistes de l'Hexagone, l'espoir que ce texte soit enfin transposé en droit français, comme cela a été le cas en Allemagne ou au Royaume-Uni, avec, dans ce dernier pays, une tolérance fiscale.

Mais, en France, le ministère du Développement durable n'en démord pas : c'est hors de question. Le ministère s'insurge, au passage, contre les écologistes soupçonnant l'Etat de s'y opposer pour de basses raisons de manque à gagner fiscal (lire ci-dessous). La fiscalité ne serait pas le problème. « Les moteurs ne sont pas adaptés à l'huile de friture, en particulier les plus récents, ceux de moins de cinq ans, qui ont un système d'injection à très haute pression, souligne le spécialiste des carburants alternatifs au ministère. Outre que cela pose des problèmes mécaniques, les études menées par l'Institut français du pétrole et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) sur l'huile brute ont révélé des émissions nettement plus polluantes qu'avec le gazole ! »

L'huile de friture, encore plus que l'huile brute, ne passerait pas les normes d'émissions actuelles et a fortiori les futures, qui vont être durcies. Les écologistes rejettent en bloc ces arguments, expliquant que les pannes mécaniques comme le niveau d'émissions dépendent du type de moteur Diesel et de son adaptation. Or les études françaises ont été faites sur des moteurs qui n'avaient pas été adaptés. A La Rochelle, on s'étonne. Sur une flotte roulant à l'huile vierge, « l'analyse trimestrielle par un laboratoire de Mont-de-Marsan montre des émissions d'oxyde d'azote et d'hydrocarbures inférieures au gazole, précise Mylène Mazzocco à la communauté d'agglomérations. Il y a certes davantage d'émissions de CO2 et de CO, mais on sait que leur « bilan total » est moindre puisque la plante en a consommé avant ». Aujourd'hui, l'Etat et les écologistes campent sur leurs positions. Mais se rejoignent sur un point : l'huile de friture ne suffit pas à ré- pondre au problème plus général posé par le pétrole. « Le gisement d'huile usagée est très insuffisant, note Catherine Nieuwenhove. La solution n'est pas là, il faut militer pour rouler différemment, notamment en développant des transports en commun propres. »

http://www.lesechos.fr/info/auto/4761932.htm


ÉCO-TERRE - À Saint-Pierre-de-Chandieu, petite bourgade située au sud-ouest de Lyon, les voitures que l'on croise sentent souvent l'huile de friture. Et pour Huile_friturecause, Georges Martinez est installé là. Il y a cinq ans, il a troqué le gazole de son diesel contre de l'huile achetée en grande surface, « substitut moins polluant et moins cher ». Depuis, il fait des émules, au point d'avoir monté sa petite affaire. L'an dernier, il s'est lié avec l'association marseillaise Roule ma frite, spécialisée dans le recyclage d'huile végétale en carburant. Depuis, ils sont cent-vingt adhérents à délaisser les stations-service de la région lyonnaise pour faire le plein dans l'atelier de Georges...

Friture. Sur le trottoir qui longe les locaux de Roule ma frite Lyon, les tâches d'huile témoignent du passage régulier des adhérents. À 0,65€ le litre (et même 0,40€/l si l'adhérent fournit lui-même l'huile à recycler), beaucoup viennent pour faire des économies. Peu importe l'odeur de friture qui s'échappe du pot d'échappement. Le pouvoir calorimétrique de l'huile dépasse celui du gazole. « Avec la même quantité d'huile, vous pouvez parcourir jusqu'à 150 km de plus, sans rien modifier aux capacités de la voiture », précise Georges.

Dans le sous-sol qui lui sert d'atelier, des cuves remplies d'huile usagée, récoltée auprès des restaurants partenaires, sont entreposées. Chaque mois, l'association en recycle 15.000 litres. Après quinze jours de décantation, l'huile est filtrée, puis dépolarisée. George décrypte : « Nous créons un champs magnétique dans le tuyau où circule l'huile pour éclater la molécule et ranger les atomes en ligne droite. En d'autres termes, ce processus rend l'huile plus fluide ». Claire « comme de l'eau de roche », elle peut alors approvisionner les véhicules des adhérents.

Bertrand, 53 ans, fait le plein chez Roule ma frite Lyon depuis un an et demi. Malin, il récupère l'huile friture usagée chez un restaurateur qui d'ordinaire doit payer pour s'en débarrasser. Puis il la fait recycler par l'association. Il se déplace avec un vieux diesel qui n'a pas eu besoin de modifications pour rouler avec ce carburant de substitution. Les adhérents équipés de moteurs récents doivent en revanche faire installer un kit de bicarburation qui réchauffe l'huile et permet au moteur de démarrer. Cela coûte entre 850 et 1000 euros selon les modèles.

Législation. Rouler à l'huile végétale n'est pas sans risques. En France, l'huile recyclée ne figure pas dans la liste des carburants autorisés. L'usage de ces huiles sans traitement préalable est même fermement condamné par les administrations chargées des questions environnementales (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) et à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). L'usager peut se voir taxer à hauteur de de 70% de sa consommation de carburant sur trois ans, et récolter une amende. Néanmoins, la législation évolue petit à petit. En 2007, la loi de finance a permis l'utilisation de l'huile végétale pour faire fonctionner les machines des agriculteurs et certains moyens de locomotion des employés territoriaux.

« En France, la législation actuelle n'est pas faite pour libéraliser l'utilisation de l'huile végétale en substitut du carburant », explique Yves Mengin, directeur adjoint des services douaniers de Lyon, qui reconnaît toutefois une ambiguïté avec une directive européenne reconnaissant les huiles végétales comme carburant. « Normalement, l'Etat se doit de faire appliquer les règlements communautaires, mais en France, appliquer une directive suppose la création d'une loi », ajoute-t-il. En attendant, les douaniers font de la prévention auprès des automobilistes et des revendeurs. « Il n'y a pas de verbalisation à grande échelle mais cela peut venir », admet-il.

Pour défendre ses adhérents en cas de réprimande, Roule ma frite travaille avec deux avocats. « Cela reste ambiguë pour une seule raison, peste Bertrand. Les solutions alternatives ne nuisent à personne sinon aux grands capitaux du pétrole! ». L'association compte un gendarme et un douanier parmi ses adhérents.


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