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le 8 octobre 2009, l'ADEME avait enfin mise en ligne une première synthèse du très attendu rapport " Analyses de Cycle de Vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France".

Depuis quelques jours, L'ADEME a finalement retiré cette note de son site web...

La polémique lancée par le Réseau Action Climat et France Environnement fait son chemin sur un rapport pro-agrocarburants à la solde des lobbys industriels !

à voir la discussion animée sur RUE 89

A suivre... en tout cas cette note je l'ai et je la laisse en ligne !! ainsi que quelques réflexions suite avec des échanges que j'ai eu avec Patrick Sadones de la confédération paysanne qui a suivi ce dossier.

 

   

Petit rappel historique

Cette étude est la 2ème du genre en France. La première datait de 2002 et s'appelait "Etude  ADEME-DIREM 2002". Grâce aux gains de CO2 alors annoncés, elle a servi d'alibi à la politique biocarburant française . Ce plan a été initié par Raffarin et favorise les solutions industrielles : Ethanol ( E10, E85 ) et Diester pour des proportions à atteindre de 10% en 2010. Seulement cette étude de 2002 semblait bien douteuse et plusieurs ONGs et écolos avaient dénoncé un rapport bidon.  Au Grenelle de l'environnement, il a donc été décidé de faire une 2ème étude, plus sérieuse celle-là. Et donc on l'attend toujours ! La première synthèse, publiée puis escamotée, donne quand même quelques indications.

Résultats de la synthèse ADEME 2009

Les gains de CO2 sont toujours là mais dans des proportions moindres. Le GROS hic c'est que cette synhtèse commence enfin à parler du changement d'affectation des sols ( p 8, 21 & 22 ) et évoque plusieurs scénarios. Ils restent très prudents sur le sujet et pour cause : dans les plus mauvaix scénarios, TOUS les biocarburants français ont des bilans CO2 moins bon que le pétrole !

Sur l'huile, l'étude relaierai les réserves des constructeurs automobiles français...qui sont décidément bien plus frileux ( ou de mauvaise foi ) que leurs homologues allemands. Pour rappel, chez nos voisins germaniques l'huile carburant est légale depuis 2000 et ils adaptent des moteurs HDI, DCI, TDI en respectant les normes antipollutions. La récupération des huiles usagées pour rouler sans transformations chimiques ( comme les roulemafrites ) ne sera à priori même pas évoquée dans ce nouveau rapport. Reste quand même que l'huile ( sous la dénomination HVP ) obtiendrai encore les meilleur bilans des biocarburants français...

Sinon cette étude à paraitre renoue de nouveau avec le controverse. Les gros producteurs de biocarburants auraient, comme en 2002, tout fait pour maximiser leurs bilans. Patrick Sadones, de la confédération paysanne, a participé à l'histoire et voici ce qu'il en pense .

 

DONC en résumé, on aura ( normalement ! ) bientôt une nouvelle étude quand l'ADEME ce sera enfin décidée...Le jeu de cache-cache sur la première synthèse n'augure en tout cas rien de bon. D'après les premiers éléments qui ont filtré, ça semblerait encore valable pour les biocarburants français. Mais un gros lièvre est levé : l'étude des CAS ( changements d'affectations des sols ) peut faire basculer tous ces beaux bilans dans le négatif total. Tout dépend du bilan carbone qu'on attribue à ces changements. Le débat "quel bilan pour les biocarburants" est encore loin d'être tranché...

Pendant ce temps les usines d'Ethanol et Diester tournent jours et nuits. Monsieur "toutlemonde" continue de rouler avec sans le savoir .... et l'argent coule à flot dans les poches des industriels de l'agro-énergie.

Roulez tranquilles citoyens !


Décidément, les résultats de l’étude " exhaustive et contradictoire " sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants se font attendre.

Cette étude a été l’unique concession faite aux opposants de ces filières au Grenelle de l’Environnement. La phase méthodologique s’est déroulée de novembre 2007 à avril 2008. La phase de calcul des bilans n’a véritablement démarré qu’en janvier 2009.

Le bureau d’études Bio Intelligence Service a remis fin juin son rapport final à l’ADEME qui l’a fait parvenir à la société Ecointésys de Lausanne, laquelle avait jusqu’au 31 août pour effectuer la revue critique de l’étude.

La communication officielle des résultats était programmée pendant la " Semaine de la Mobilité " , du 14 au 20 septembre.

Selon les informations parcimonieusement reçues de l’ADEME, la publication des résultats de l’étude est repoussée à une date ultérieure. Suite à la revue critique, ordre a en effet été donné à Bio IS de revoir sa copie…

A l’issue de la dernière réunion du Comité Technique le 18 juin, les deux représentants des ONG qui y siégeaient avaient averti l’ADEME qu’ils ne cautionneraient pas le rapport de l’étude dans l’état où il leur avait été présenté, compte tenu des multiples anomalies qui s’y trouvaient. Les informations obtenues lors de l’étude permettent en effet d’établir des bilans ( voir pièce jointe) qui diffèrent radicalement de ceux auxquels parvient Bio IS.

Il est donc possible que la société chargée de la revue critique ait tenu compte des observations qui lui ont été transmises par les ONG, hors des canaux officiels.

En tout état de cause, le rapport qui sera publié fera l’objet d’un examen approfondi par les ONG impliquées dans l’étude, qui ne manqueront pas de faire connaître la lecture qu’elles en font.

Patrick Sadones EDEN

           Confédération paysanne.


Lionel Vilain, Ingénieur agronome, conseiller technique de France Nature Environnement sur les agrocarburants

« Cela fait des mois que nous critiquons la pertinence du programme sur les agrocarburants, hâtivement décidé par le gouvernement Raffarin. Ainsi, à l'échelle nationale, voire au niveau européen, comment va-t-on pouvoir consacrer 10 % de la surface cultivable aux agrocarburants à l'horizon 2015 ? Où va-t-on trouver les deux à trois millions d'hectares, soit environ 20 % des surfaces labourables ?

Inévitablement, cela va renforcer la concurrence entre les surfaces cultivées avec des céréales alimentaires et les champs dévolus aux plantes énergétiques. Rappelons que ce programme a été lancé au moment où la France était en train de négocier à l'OMC l'avenir du prix des céréales, et qu'il fallait proposer un nouveau débouché aux céréaliers français. Cette décision est donc un cadeau fiscal concédé à ces derniers. Une autre raison pour justifier la culture d'agrocarburants est de participer à l'indépendance énergétique de la France et de limiter l'importation de carburants conventionnels. Mais, de fait, on va se heurter à la concurrence du Brésil, de la Malaisie ou de l'Indonésie qui produisent déjà de grandes quantités d'agrocarburants issus de canne à sucre ou de palmier cultivés sur des terres déforestées. Dans ce contexte, la production française ne sera qu'un appoint marginal. Le dernier argument invoqué est celui de la réduction des gaz à effet de serre. Cette idée, issue d'un rapport de l'Ademe incomplet qui est d'ailleurs en cours de révision, oublie toutefois d'intégrer les émissions de carbone dues aux engins agricoles, engrais, pesticides et usines de transformation.

Enfin, sur un plan purement énergétique, le rendement de la transformation des plantes en produits énergétiques est actuellement très faible, voire négatif. Le rendement en éthanol de maïs est de 1,3 contre 5 pour l'éthanol brésilien: autrement dit, il faut dépenser 1 litre de pétrole pour obtenir 1,3 litre d'agrocarburant. Quant à celui du diester, il est même négatif. Ces différences de rendement s'expliquent par la nature des plantes cultivées. La canne à sucre est une plante pérenne qui vit dix ans, le palmier à huile entre quarante et cinquante ans, tandis que les champs de maïs ou de betteraves doivent être labourés, hersés, semés chaque année.

Seul point positif : la production d'huile de colza ou de tournesol brute qui peut être utilisée directement par l'agriculteur pour faire tourner ses tracteurs et machines. Dans ce cas, l'absence de transport du produit ainsi que l'inutilité de l'estérifier font que le rendement est de 3,5 à 3,8. Nous demandons donc l'arrêt de la défiscalisation et la mise en œuvre d'une évaluation environnementale complète, comme par exemple le calcul de l'impact de la culture intensivement irriguée du maïs-éthanol en Adour, près de l'usine de Lacq, sur l'état des rivières. » RECUEILLI PAR DENIS SERGENT


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