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    http://www.lesechos.fr/info/energie/020533995059-petrole-le-coup-de-poker-de-julien-balkany-en-ile-de-france.htm

    Pétrole : le coup de poker de Julien Balkany en Ile-de-France

    [ 12/05/10  ]

    On n'a pas seulement des idées en France. On a aussi du pétrole ! » Pour Julien Balkany, le demi-frère du député UMP des Hauts-de-Seine Patrick Balkany, il faut revoir le vieux slogan des années 1970. Toreador, la petite société dont il est le vice-président du conseil, a annoncé hier un partenariat avec le pétrolier américain Hess afin de relancer la prospection pétrolière dans le bassin parisien. Hess pourrait investir jusqu'à 120 millions de dollars, soit 93 millions d'euros, dans l'opération. En échange, Toreador fournira des permis d'exploration sur une surface d'environ 420.000 hectares.

    Les pétroliers connaissent déjà bien la géologie du bassin de Paris. Depuis la première découverte de pétrole en 1958, près de 2.000 puits ont été forés dans les plaines de la Marne, de l'Essonne ou de la Seine-et-Marne. Mais aujourd'hui, le bassin parisien produit à peine 10.000 barils par jour et, au total, la production nationale couvre à peine 1 % de la consommation du pays.

    Pour augmenter ces volumes, Toreador et Hess ont décidé de changer d'approche. Les deux groupes ne cherchent pas à récupérer le pétrole contenu dans des réservoirs classiques mais plutôt dans les roches qui en sont à l'origine. Pour cela, ils vont utiliser des technologies développées aux Etats-Unis. Hess et Toreador vont forer à l'horizontale sur plusieurs kilomètres tout en fracturant, à l'aide d'eau et de sable, les roches situées à proximité afin de récupérer le pétrole qu'elles recèlent. Selon Toreador, le bassin parisien pourrait contenir environ 65 milliards de barils dans la roche, l'équivalent des réserves prouvées de l'Amérique du Nord ! «  On sait que le pétrole est là. La question est de savoir si on va réussir à le produire», affirme Julien Balkany.

    Le bassin parisien connaîtra-t-il demain une envolée de sa production ? Toreador veut y croire. Cogéré par Julien Balkany, le fonds d'investissement Nanes Balkany Partners a pris 5 % du capital en 2008. Il a renouvelé les équipes de direction et le conseil d'administration l'année suivante et a transféré le siège de cette petite société d'une trentaine de personnes de Dallas à Paris. Les actifs du pétrolier en Turquie, en Hongrie et en Roumanie ont été cédés. Pour Toreador, c'est forcément en France qu'il y aura du pétrole.

    EMMANUEL GRASLAND, Les Echos

     


     Bagnolet, le 29 juillet 2009
    COMMUNIQUE DE PRESSE
    Bioéthanol : les langues se délient…
    Depuis 2005, la Confédération paysanne dénonce l’impasse que constitue le développement des filières industrielles de production d’agrocarburants et le bilan énergétique particulièrement médiocre des filières éthanol. Notre analyse se trouve aujourd’hui confortée suite à la participation d’un de nos adhérents à l’étude post Grenelle ADEME/ Bio IS sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants. Cette analyse, dont une synthèse est jointe en annexe, sera présentée lors d’une conférence de presse organisée en septembre au siège du syndicat.


    Malgré nos avertissements, de nombreuses coopératives se sont engagées dans les projets de production d’éthanol de céréales (BENP - Téréos à Lillebonne, ABENGOA à Lacq et CRISTANOL 2 à Bazancourt), encourageant les producteurs à signer des engagements de livraison assortis le plus souvent de souscriptions de parts sociales, ceci avec l’appui des Chambres d’Agriculture et de certains représentants professionnels.


    Depuis quelques jours, des salariés dirigeants de certaines de ces coopératives montent au créneau pour dénoncer l’absence de rentabilité, actuelle et à venir, des filières éthanol de céréales, ne permettant pas aux producteurs d’espérer une valorisation intéressante des volumes engagés. Ainsi, Jean Pierre Cochet, directeur général de la coopérative de Champagne-Ardenne Cohésis, lourdement engagée dans le projet CRISTANOL 2 de Bazancourt ( 10% de sa collecte de blé pendant 10 ans) s’interroge sur la pérennité de ce projet face à la perspective de la baisse de la « défiscalisation » de l’éthanol, qui représente une subvention très importante pour cette filière, et de sa mise en concurrence avec l’éthanol de canne à sucre, produit avec une efficacité énergétique beaucoup plus forte.


    ORAMA, filiale spécialisée Grandes Cultures de la FNSEA, en est aujourd’hui réduite à demander la mutualisation de l’approvisionnement des usines d’éthanol, ceci pour faire supporter à l’ensemble des producteurs les conséquences de choix politiques inappropriés dont elle a été l’un des principaux artisans.


    La Confédération paysanne formule le vœu que cette affaire, dont le dénouement est proche, serve de leçon à chacun, et notamment aux décideurs politiques, parfois trop prompts à donner raison à des groupes de pression, sans prendre le temps d’étudier les avis contraires.

    bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants:synthèse de l’étude post - Grenelle.

     

    Contacts :
    Patrick SADONES, en charge du dossier agro - carburants : 02 35 37 35 08
    Régis HOCHART, secrétaire national : 06 08 75 00 73

     


    Lionel Vilain, Ingénieur agronome, conseiller technique de France Nature Environnement sur les agrocarburants

    « Cela fait des mois que nous critiquons la pertinence du programme sur les agrocarburants, hâtivement décidé par le gouvernement Raffarin. Ainsi, à l'échelle nationale, voire au niveau européen, comment va-t-on pouvoir consacrer 10 % de la surface cultivable aux agrocarburants à l'horizon 2015 ? Où va-t-on trouver les deux à trois millions d'hectares, soit environ 20 % des surfaces labourables ?

    Inévitablement, cela va renforcer la concurrence entre les surfaces cultivées avec des céréales alimentaires et les champs dévolus aux plantes énergétiques. Rappelons que ce programme a été lancé au moment où la France était en train de négocier à l'OMC l'avenir du prix des céréales, et qu'il fallait proposer un nouveau débouché aux céréaliers français. Cette décision est donc un cadeau fiscal concédé à ces derniers. Une autre raison pour justifier la culture d'agrocarburants est de participer à l'indépendance énergétique de la France et de limiter l'importation de carburants conventionnels. Mais, de fait, on va se heurter à la concurrence du Brésil, de la Malaisie ou de l'Indonésie qui produisent déjà de grandes quantités d'agrocarburants issus de canne à sucre ou de palmier cultivés sur des terres déforestées. Dans ce contexte, la production française ne sera qu'un appoint marginal. Le dernier argument invoqué est celui de la réduction des gaz à effet de serre. Cette idée, issue d'un rapport de l'Ademe incomplet qui est d'ailleurs en cours de révision, oublie toutefois d'intégrer les émissions de carbone dues aux engins agricoles, engrais, pesticides et usines de transformation.

    Enfin, sur un plan purement énergétique, le rendement de la transformation des plantes en produits énergétiques est actuellement très faible, voire négatif. Le rendement en éthanol de maïs est de 1,3 contre 5 pour l'éthanol brésilien: autrement dit, il faut dépenser 1 litre de pétrole pour obtenir 1,3 litre d'agrocarburant. Quant à celui du diester, il est même négatif. Ces différences de rendement s'expliquent par la nature des plantes cultivées. La canne à sucre est une plante pérenne qui vit dix ans, le palmier à huile entre quarante et cinquante ans, tandis que les champs de maïs ou de betteraves doivent être labourés, hersés, semés chaque année.

    Seul point positif : la production d'huile de colza ou de tournesol brute qui peut être utilisée directement par l'agriculteur pour faire tourner ses tracteurs et machines. Dans ce cas, l'absence de transport du produit ainsi que l'inutilité de l'estérifier font que le rendement est de 3,5 à 3,8. Nous demandons donc l'arrêt de la défiscalisation et la mise en œuvre d'une évaluation environnementale complète, comme par exemple le calcul de l'impact de la culture intensivement irriguée du maïs-éthanol en Adour, près de l'usine de Lacq, sur l'état des rivières. » RECUEILLI PAR DENIS SERGENT


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